vendredi 18 juin 2010

Silence?

Münster, petite ville universitaire allemande... son lac, son canal, sa rue principale, ses vélos, ses vieux, ses lapins, ses barbecues géants et... ses étudiants... dans la bibliothèque. Depuis quelques jours c'est mon repaire, du matin au soir avec ordinateur, bouquins, sandwich et machine à café.
Mais soudain, la bibliothèque, d'habitude pleine à craquer de juristes studieux, à midi et demi s'est vidée. Plus un bruit, quelques rares rescapés en révisions ça et là. Plus de chuchotements, plus le cliquetis des claviers d'ordinateurs. Un grand silence.
Mais dehors... tous rassemblés devant un écran géant, une bière à la main, les hurlements, les drapeaux allemands sur les voitures! Le foot!!!! Voilà, les allemands se lâchent, pour 90minutes ils cessent d'avoir "honte" d'être allemands, ils en rajoutent, il exagèrent, ils hurlent "Weltmeister!!!!".
Puis, les étudiants retournent dans la bibliothèque, les joues encore colorées de jaune, noir et rouge. Et le silence, un peu moins feutré, se reforme.
Pendant ce temps, un autre silence, à propos des horreurs au Kirghizistan...je mélange un peu tout, oui... mais le silence, le silence. Parfois, j'ai envie de courir dans cette bibliothèque, de crier, de chanter, de balancer les livres...Et aussi de hurler aux Kirghizes et Ouzbeks que ça suffit, les massacres. Rêve-olution comme dirait Chloé :)

lundi 10 mai 2010

Voyage dans la Russie victorieuse

La semaine dernière, on a fait un petit tour en Russie, en commencant par Veliky Novgorod, une ville historique à 4h de en bus de Saint Petersbourg. C'est l'une des villes les plus anciennes de Russie (elle aurait été mentionnée dans des chroniques dans les années 850), avec un Kremlin immense, moults églises très vieilles (comme la cathédrale Sainte Sophie de 1050), le tout en bordure d'une jolie rivière tres large, la Volkhov.

Bien sur, toute la ville vibrait au son des 65 ans de la Victoire sur les nazis le 09 Ma. Déjà a Saint Petersbourg, il était difficile de ne pas voir les préparations d'une des fêtes les plus importantes pour le pays_ sur la grande place du palais devant l'Ermitage s'entrainaient déjà deux semaines à l'avance les soldats à la grande parade.

Après une nuit dans le train couchette, on arrive a Moscou. Choc des températures- on passe des 8 degrés de Novgorod aux 28 degrés de la capitale...
La ville de Moscou, deux jours avant les commémoration de la victoire est en ébullition; les banderoles enjoignant de se souvenir et d'être fiers sont partout, énormes. Les drapeaux soviétiques sont de sortie, tout comme les chars (!!) et les miliciens en surnombre. La place rouge et le Kremlin sont fermées pour les préparatifs, et il n'est pas une enseigne de magasin qui n'est pas décorée en victoire.
Bien sûr, c'est positif - c'est une fête très importante pour les Russes- toutes les familles russes ont été été touchées par la guerre, et cette victoire sur le nazisme fonde l'identité et la fierté des la Russie soviétique.
Mais on ne peut s'empécher d'être mal à l'aise face à un tel débordement de fierté nationaliste, d'affiches immenses, de vidéos montrant chars et armes, comme une apologie de la guerre en soi... Et puis si les vétérans sont à l'honneur le 09 mai, ce n'est pas le cas les autres jours de l'année. La pension moyenne en Russie s’élève à 1915 roubles, soit 56 € par mois. Un montant à peine plus élevé que celui du minimum vital, estimé à 960 roubles (38 €).
Personnellement, je ne comprend même pas comment on peut vivre avec 56 euros par mois dans ce pays aux prix étranges. Si on a de la chance, on peut louer une chambre en kommualka pour 100 euros, le transport coûte au moins 10 euros par mois, et la nourriture est à peine moins chère qu'en Europe...

En revenant à Saint-Pétersbourg , en train de nuit, j'ai a évité les parades militaires, et dormi toute la journée; 3 jours dans cette ville immense qu'est Moscou, c'est épuisant!

vendredi 30 avril 2010

Balades dans la ville


La Neva a fondu









Avec Blaise a la station de metro Sportivnaia en allant a la capoeira









SPb by night

























vendredi 9 avril 2010

Adieu l hiver

Il y a deux semaines, on a profite des derniers jours de l hiver pour faire une escapade ski, a 2heures en bus de la ville. Bon, c est pas les Alpes, et la neige commencait a ressembler a du kacha (genre de porridge russe) mais quand meme, ca faisait du bien de sortir de la ville! Et j ai essaye les snow blade, des mini skis. Il parait que c est bien pour faire les bosses et tout, mais comme j ose pas trop, j ai pas vu beaucoup de difference.
Natalia (ma cheffe) m avait prete un enooorme manteau marron en peau de chepakoi, j avais l air d un ours obese avec...
Mais la, c est fini!! La neige a fondu! Tous les canaux sont degeles! Les ponts sur la Neva commencent leurs valses nocturnes (ils se levent la nuit pour laisser passer les bateaux- un beau spectacle mais il faut faire attention a admirer ca du bon cote du fleuve... sous peine de passer la nuit coince sur une des 42 iles de la ville!)
Meme les flaques commencent a secher- je vais bientot pouvoir abandonner mes bottes en caoutchouc :)
Et puis, les jours commencent a rallonger vraiment tard... toute la ville commence a rever des nuits blanches...

mardi 23 mars 2010

Profession; stagiaire...



Je suis actuellement assise devant un ordinateur de l ancienne generation, toute seule dans le bureau de la Fondation Friedrich Ebert a Saint Petersbourg... ma cheffe profite de ma presence pour prendre ses jours de conge...Quand il n y a pas de stagiaires, elle gere le bureau toute seule, sous l egide du bureau principal a Moscou. Quand elle n est pas la, c est moi qui gere tout toute seule...
( Dans mon bureau
La Fondation est proche du SPD mais se revendique independante. Elle a ete fondee par Friedrich Ebert en 1925, interdite pendant l epoque nazie, elle est a nouveau active depuis 1945.
En gros, elle donne des bourses a des etudiants, organise des seminaires etc. A l etranger, cette fondation est presentes dans presque tous les pays. En Russie, on s occupe de societe civile, des syndicats, de politiques sociales et economiques.

Concretement, la semaine derniere a eu lieu a Saint Petersburg un seminaire pour les syndicats du metal. La fondation Friedrich Ebert a cofinance et organise le seminaire ( programme, hebergement etc), et fourni les traducteurs, parce qu il y avait des representants de syndicats allemands et russes.
Mon role a moi, c etait de preparer le programme, de le traduire, de prendre en charge les visiteurs allemands (de l aeroport a l hotel, dans la ville etc) , de faire l interprete selon les besoins, et de rediger un rapport en allemand sur le deroulement du seminaire.
La semaine prochaine, on soutient un projet des jeunes socialistes russes qui organisent un festival de cinema contre la xenophobie. Je vais donc devoir regarder des films (dur!), ecouter les discussions, et ecrire un rapport.
Sinon je suis secretaire. Je scanne, je repond aux mails et au telephone, j appelle les hotels. ..
Je dois aussi faire mes propres recherches (en l occurrence sur les jeunes journalistes et le web journalisne, etc) et pondre un petit papier pour la fondation, ce que j ai pour l instant pas vraiment eu le temps de commencer.

Le tout donne pas mal de boulot, et ce non remunere... mais c est vraiment une bonne experience professionnelle... et linguistique- tout se passe presque uniquement en russe!!
Et puis l ambiance au bureau est tres sympa, nos voisins de pallier sont d autres organisations avec qui nous collaborons et buveons plein de cafe :) Vue du bureau

mardi 16 mars 2010

Le Secret des Elephants Geants


Hier soir, je suis passée par hasard devant le cirque de Saint-Pétersbourg (nonon, pas un chapiteau bariolé, mais un vrai bâtiment, comme un théâtre ! et il y a des spectacles tous les jours!).

Toute excitee à l’idée de voir un spectacle de cirque pour la première fois de ma vie, j’ai pris deux places, une pour moi et une pour une amie… Ca faisait bizarre, à l’intérieur ça sent l’animal, la sciure… une ambiance spéciale ; j’avais l’impression d’être dans "Lulu le petit Roi des Forains"…(ca c est un livre qu il est beau!!)


Le spectacle a duré 3h : on y a tout vu : funambules, trampolinistes, acrobates, jongleurs, danseurs, musiciens, clowns,... et bien sûr, des animaux : panthères, léopards…

Sur la photo, un clown-acrobate faisant l equilibre sur 8 chaises... roulements de tambours...


Quand ils ont fait faire de la trottinette, du vélo et même de la moto à un ours, j’ai eu un peu mal au cœur. L’ours serait peut être mieux avec Mowgli et Baguerra à manger du miel…Mais bon, ma voisine m’a assurée que les animaux s’amusaient aussi, et en effet ils avaient l’air bien traités et complices avec leurs dresseurs. D ailleurs la seule fois où j’ai vu un fouet c’était dans la trompe d’un éléphant qui menaçait son maitre, un jeune garçon blond surex ;)

A propos d’Eléphants : il y en avait quatre, et leur show était bien sur le clou du spectacle, intitule « Le secret des Eléphants géants »



Comme on avait les mauvaises places à 300 roubles (7 euros) on a surtout vu des fesses d’éléphants geants,mais c’était impressionnant quand même ! Et puis il parait que les éléphants portent chance…




En regardant tout ça, je me suis dit que ça doit être super de travailler dans un cirque parce que tout devient possible: au cirque tu peux dire « et là, la sorcière transforme la princesse en panthère, qui s’envole sur un cerceau ! ».


mardi 9 mars 2010

J'ai marché sur la Neva!

L île Vassilievsky à Saint Petersbourg


Sans trop s'éloigner du bord alors...

Le « Banya » russe...

Ce week-end j’ai découvert une drôle d’institution : le Banya.
Si certains Russes l’utilisent pour pallier au manque d’eau chaude à la maison, la plupart y vont régulièrement car ils pensent que c’est au Banya qu’on peut atteindre le plus haut niveau de propreté. C’est le cas de Léna, une demoiselle russe rencontrée la veille, qui y va avec sa mère au moins une fois par mois et m’a emmenée avec elles pour m’initier à ce rituel. Rendez vous donc dimanche matin à 10h devant le banya…
Après avoir payé 50 roubles (1 euro), je suis entrée avec un peu d’appréhension dans ce territoire inconnu de la tradition russe… pour me retrouver rapidement entourée d’un grand nombre femmes de tous ages, nues et toutes tres affairées.
L’ambiance est vaporeuse, on discute, on chante, on se savonne les unes les autres...

Lena m’emmène tout d’abord dans le sauna, à chaleur sèche. Pour l’instant je ne suis pas trop dépaysée. Sa mère arrive et fait la grimace « ce n’est pas chaud du tout ici, ça ne sert à rien ! ». Ah, bon...

Après une douche, on passe aux choses sérieuses : la parilka : une grande pièce sombre surchauffée grâce à un four rempli de pierres chaudes qu’on asperge d’eau aux huiles essentielles. Ca donne une chaleur légèrement humide, qui pique les yeux et sent bon. Plus on monte sur les étages en bois, plus il fait chaud. Les femmes qui arrivent à bouger dans cette touffeur font tourner leurs serviettes pour diffuser la chaleur
Tout à coup quand il fait suffisamment chaud, tout le monde se met à se taper dessus à l’aide de véniki (des branchettes de feuillus nouées). On me dit de me coucher sur un banc, et moi aussi je me fais fouetter avec vigueur par Lena et sa maman...
Au début, c'est un peu étonnant j'avoue...mais ce n'est pas douloureux et la sensation est même plutôt agréable! apparemment ça doit améliorer la circulation sanguine…
Recouverte de feuilles collées, je vais ensuite me reposer dans une chambre fraiche

Ensuite on m’initie aux secrets de beauté russe : peeling avec du café moulu pour le corps, et avec du miel pour le visage. Après rinçage, j’ai recouvert mon corps de kasha (du porridge : flocons d’avoine cuit). C’est tout doux, mais avec l’odeur de café, j’avais l’impression d’être devenue un petit déjeuner géant !
Après ça, retour dans la parilka, puis repos, douche, sauna, re parilka et fouettage…A la fin, un saut d’eau glacée sur la tête et voilà! (ça peut aussi être un plongeon dans un bassin d’eau glacée; et les vrais russes se roulent dans la neige...)
Apparemment, chacun a développé ses propres rituels de banya. Pour la maman de Léna, c’est aussi un moment de méditation.

Quand on est sortie, au bout de 4 heures, quand même, je me sentais comme disent les Russes ‘kak ogurtchik’: fraiche comme un petit cornichon!

Joyeux 8 Mars !

Aujourd’hui, lundi 8 mars, je me repose de ma soirée de folie d’hier dans les discothèques de Saint Pet (ouioui, un dimanche !)

Vous en avez surement vaguement entendu parler : le 8 mars est la journée internationale de la femme. Ici, c’est un jour férié, et très très populaire ; partout on ne parle que de cela, partout des fleurs, des chocolats, partout on célèbre les femmes.
Au bureau; dès le vendredi après-midi il fallait fêter ça. Chaque femme a reçu une rose, et les hommes avaient préparé une tablée de gâteaux et de bonbons. Comme c’est l’usage en Russie, chacun porte un toast et exprime ses voeux et ses compliments. Même la voix du métro s'est mise à la galanterie; souhaitant le meilleur à toutes les passagères.
Mais pourquoi cette journée internationale est fêtée aussi intensément en Russie ?
En fait, la plupart des russes ne le savent pas, et j’ai du regarder dans un guide pour touristes pour apprendre que le 08 mars célèbre l’anniversaire de la marche des femmes en 1917 pour « le pain et la paix »; marquant ainsi le premier jour de la révolution russe. C’est un jour férié en Russie depuis 1965

Après tout, les femmes russes le méritent bien. J’ai lu que 50% des femmes russes adultes vivent seules. Le surplus actuel de la population féminine en Russie est de 15%, parce que le taux de décès chez les hommes est plus élevé: l'espérance de vie masculine est de seulement 60 ans; contre 73 ans pour les femmes; différence due principalement aux ravages liés à l'alcool; aux accidents et aux suicides...

Mais pour l heure vive les roses; les poèmes et les toasts!
c восмого Марта любимые женшины!

Contraste

Jeudi dernier, la Fondation Friedrich Ebert, où je fais mon stage, était invitée à une réception à l’hôtel Europa, le plus luxueux de Saint-Pétersbourg. Il s’agissait d’une exposition sur les arts de la table (Quelle belle fourchette ! Comme cette serviette est bien pliée !) ainsi que d’un défilé de mode d’une styliste renommée de la ville. Toute la haute société pétersbourgeoise s’est donc rendue à l’hôtel de luxe en smoking et robe de soirée afin de voir et être vue.
Champagne, verrines... la classe!


Mais j'ai vite dégrisé en regagnant mon quartier tout gris; hérissé d’immeubles datant de l’époque soviétique. (Ci dessous la vue de ma chambre)



Dans l’appartement communautaire habitent avec moi sept autres familles, qui vivent parfois à 3 ou 4 dans une seule pièce, partageant la cuisine et la salle de bain avec les autres. Ce système est hérité de la période communiste où les propriétaires furent déchus; afin de distribuer l'appartement à plusieurs familles, l’industrie ne parvenant pas à construire assez vite les logements nécessaires.

mardi 2 mars 2010

un dimanche a Saint Pet

Aujourd’hui n’était (encore !) pas mon jour de chance : j’ai marché plein de fois dans des flaques de neige fondue- j’ai fait tous les magasins de la ville les pieds trempés- pas moyen de trouver ces fameuses bottes en caoutchouc que tout le monde arbore fièrement en pataugeant.
Au lieu de ça, j’ai glissé sur une plaque de verglas et j’ai failli me casser quelque chose.
D ailleurs l’autre jour un stalagtite m’est tombé dessus! Dangerous!!

Le paysage de la ville était aujourd’hui assez apocalyptique : Il y a des travailleurs sur les toits qui s’occupent de jeter la neige et la glace au sol, et on en fait des tas : ça fait des montagnes de neige, des flaques (que dis-je : des mares ! des lacs !) de neige fondue, des plaques de verglas…

Donc je suis rentrée bredouille les bottes trempées. Dans le métro j’étais vénèr, et je lisais. Je me suis rendue compte que j’avais oublié de descendre et que j’étais à l’autre bout de la ville. Je prends la rame dans l’autre sens, me plonge dans mon bouquin… et j’oublie encore de descendre. Je sors à un arrêt inconnu pour remarquer enfin que je me baladais d un bout a l autre de la mauvaise ligne !!!
J’ai donc repris le métro, et changé pour la bonne ligne. du coup j’ai passé plus d’une heure dans le métro!!… ça rentabilise mon ticket au moins (cela dit le métro est assez peu cher : 24 roubles, soit 50 centimes d’euros le ticket)

Soit dit en passant, le métro de Saint-Pétersbourg est vraiment joli- pas autant que celui de Tachkent, mais presque. Le plus impressionnant, ce sont les escalators méga longs-( d apres le Guiness ce sont les plus grands du monde) le métro de Saint-Pétersbourg est creusé très très profond, surement à cause de la Neva et des canaux.

J’ai quand même fait quelque chose de bien pour sauver la journée : j ai visite le Musée Ermitage, qui merite sa reoputation!!
Le musée est dans plusieurs bâtiments, dont l’ancienne résidence d’hiver du Tsar. On peut donc y admirer les salles (tres) richement décorées et surtout les collections magnifiques : Picasso, Rembrandt, Gauguin, Cézanne, Van Gogh etcetcetc.
Au bout de 3h dans le musée j’étais fatiguée, alors j’y retournerai une autre fois pour admirer les sculptures et Klimt et Kandinsky… le musée est gratuit pour les étudiants :)

samedi 27 février 2010

The Terminal ;)

Après un voyage assez agité, je suis enfin à Saint Petersburg !

Le vol en lui-même ne dure que deux heures, pourtant j’ai mis presque 24heures porte à porte de mon appartement à Münster à celui de Saint Petersburg !
Je suis partie de chez moi à 07h du matin, afin de prendre l’avion de 11h à Düsseldorf.
Je n’étais même pas en retard à la gare de Münster- mais j’ai quand même réussi à rater mon train pour l’aéroport de Düsseldorf. Après moult péripéties (retard de train etc), j’arrive quand même vers 10h à la gare de Düsseldorf- plus qu’une heure !!!

Dans le « skytrain » (navette volante) qui mène à l’aéroport, je vois des hommes avec des bérets en cuir qui parlent russe- je décide de les suivre partout, ce qui me mène en effet à mon avion, sans même être en retard !
Ouf, je suis dans l’avion- il est 11h… mais je sais bien que je ne suis pas au bout de mes peines : mon visa ne commence qu’au 25 Février, or on est seulement le 24. Oui, moi aussi je me demande comment ça a pu arriver- mais connaissant mon étourderie et mon entêtement…
Mais peut-être me laissera-t’on passer- qui sait…
Arrivée à l’aéroport Pulkovo, à Saint Petersbourg, je tente de passer avec le visa en question- bien sûr on me refoule. Il est 16h à Saint Petersbourg- je dois attendre dans la zone internationale jusqu’à minuit. Ça caille. Assise sur une banquette, je regarde les voyageurs du monde entier passer et entrer en Russie. A côté de moi, une dame russe se lamente : on lui a volé ses papiers en vacances, et on ne la laisse même plus rentrer dans son pays- elle attend déjà depuis 2heures. Mais finalement, sa famille vient la chercher, elle me laisse des biscuits de survie. Comme je n’ai même pas de roubles, impossible de s’acheter un sandwich- j’ai quand même réussit à avoir un thé…
Mais pas moyen de dormir. Tous les quarts d’heures, la dame de l’aéroport nous enjoint de ne pas laisser ses bagages sans surveillance, de ne pas fumer, de prendre un avion…
Le temps passe, je suis presque seule dans l’aéroport- il n’y a que quelques agents patibulaires en uniformes. Les hôtesses de l’air me regardent du haut de leurs talons en gloussant. Evitant de tester leur corruptibilité, j’attends sagement jusqu’à minuit- enfin je passe !
Mais à minuit, il n’y a plus de bus, plus de métro, et les taxis sont hors de prix.
J’attends donc à nouveau dans l’aéroport en compagnie de Dostoïevski jusqu’au matin.

Enfin vers 6h je quitte l’aéroport de Saint Petersbourg- Liberté !!!!
Je saute dans un bus- prend le premier métro déjà bondé. Enfin j’arrive à mon arrêt : prospect bolchevikov- avenue des bolchéviks- dans le quartier dortoir de la ville. Encore un bus- et me voilà presque arrivée.
Je transforme ma valise de 21kg en luge, et réussit à la trainer jusqu’à mon appartement.
Je prends l’ascenseur pour la première et la dernière fois (plus claustrophobique et puant tu meurs !!) et arrive enfin « chez moi » (un appartement communautaire…) vers 7h30
M’y voilà. D’abord une douche, puis dormir. Enfin !!!

jeudi 6 août 2009

Ce qui va me manquer (ou pas) ...

J'ai quitté Tachkent le 04 Août pour Berlin, l'Ouzbékistan est loin, l'heure est aux souvenirs émus... qu'est-ce qui va me manquer (ou pas)?

- La générosité partout: quand on commande un coca ou un jus au restau, on reçoit immanquablement une bouteille d'un litre, pour le prix d'un demi verre en France.

- Les policiers en verts, à l'affut de la moindre occasion pour se faire de l'argent de poche, dans le métro, derrière la porte, partout, qui font du zèle et n'hésitent pas à utiliser leur matraque...

- Les fruits, et surtout les montagnes de pastèques délicieuses vendues à chaque coin de rue :)

- Les taxis multiples et bon marché (chaque voiture est un taxi potentiel à Tachkent), et leur fameux "Taxi nada?!" (avez vous besoin d'un taxi?), puis la conversation invariable: êtes-vous mariée? Avez-vous des enfants? Comment, pas encore? il est temps! Vous venez d'où? oh! Paris, la Tour Eiffel? (un taxi a même sorti "Paris, Minaret Eiffel?")

- Pour rester dans les transports, le métro de Tachkent, plus impersonnel, mais encore moins cher ( 20 centimes le jeton) et magnifique, tout de marbre vétu. Chaque station est décorée par un artiste ouzbek, mais les photos y sont interdites. Ma préférée, celle de mon travail: Kosmonavtlar: on se croirait flottant dans l'espace...

- La musique assourdissante à chaque coin de rue, dans chaque restaurant, avec les mêmes chansons en boucle. La préférée des ouzbeks: Fairy Tale, d'Aleksander Rybak...

- La laitière, qui tous les matins à 7h me réveille de sa voix criarde: "MoOLoKoO!!!".

- Les tarakans (cafards d'ici, qui peuvent atteindre la taille d'un doigt), surtout ceux qui avaient élu domicile dans mon frigo...

- La viande, plus ou moins fraîche, inévitable... Un jour je voulais commander une pizza: "Vous voulez laquelle, avec ou sans viande?" Moi, pleine d'espoir, demande la végétarienne. Mais quand je reçois la pizza, je rappelle la serveuse: elle est recouverte de viande! Non, dit la serveuse, ce n'est pas de la viande, c'est de la saucisse et du lard! ah, au temps pour moi...

- Et enfin, petit hommage à la bière nationale, la Sarbast, qui coûte un euro et qui a souvent accompagné nos soirées à Tachkent...

jeudi 30 juillet 2009

Accessoirement, je fais aussi un stage!

Mon stage touche à sa fin, l’heure des bilans approche… et je ne vous ai toujours pas parlé de mon lieu de travail ( !)

L’IFEAC, Institut Français d’Etudes sur l’Asie Centrale est un institut de recherche basé à Tachkent et qui dépend du CNRS.
Le bâtiment est en fait une ancienne maison, avec une grande cour intérieure peuplée d’arbres fruitiers (abricotiers, cerisier, arbre à kakis…), avec un taptchan ( à droite sur la photo) où on peut s'installer pour boire le thé, ou faire la sièste...

L’IFEAC est la seul structure d’envergure pour la recherche sur l’Asie Centrale, c’est donc une véritable pépinière de spécialistes et de chercheurs de tous pays et de toutes spécialités. J’y ai rencontré un américain étudiant l’architecture ouzbek, une française spécialisée dans l’élevage des chevaux, une autre qui étudie l’islam au Kirghizstan, pas mal d’archéologues de tous les pays, et plein de jeunes chercheurs passionnés.
On se rend compte que le monde de la recherche est assez petit : par exemple, ici tout le monde connaît mon prof à Lille qui m’avait conseillée sur ce stage.

Les midis à l’IFEAC, c’est sacré : nous avons ici deux cuisinières qui préparent des plats délicieux et bons marché, ce qui attire pas mal de monde. Cela crée une ambiance très décontractée et sympathique, à l’image de l’atmosphère générale qui règne à l’IFEAC.

Quand je suis arrivée le premier jour, le directeur m’a informée que je pouvais travailler sur le sujet de mon choix ici, et il m’a même encouragée à prendre des vacances et profiter au maximum de mon séjour en Ouzbékistan (ce qui n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde !)

J’ai donc décidé de travailler sur l’Union Européenne en Ouzbékistan, et j’ai pu rencontrer de nombreux acteurs à Tachkent : diplomates européens (France, Allemagne, Turquie), membres d’organisations comme la GTZ ou l’OSCE, membres de la Commission Européenne, et même le Représentant Spécial de l’UE pour l’Asie Centrale que j’ai pu rencontrer brièvement lors de son passage à Tachkent.
Bref, j’ai interviewé de nombreuses personnes actives sur le terrain et c’était très intéressant pour compléter mes lectures.
J’ai aussi écrit un petit article et un compte rendu sur ce sujet, en attendant les 20 pages que je vais rédiger comme travail attaché à mon rapport de stage.
J’ai aussi assisté à des séminaires très intéressants organisés par l’IFEAC, et j’ai rédigé le résumé d’une table ronde sur la scène culturelle tachkentoise.
Si vous parcourez cette lettre d’information de l’IFEAC, vous y trouverez entre autres un petit article que j’ai écrit sur la politique de l’UE en Asie Centrale(p15)
http://www.ifeac.org/userfiles/articles/Lettre7.IFEAC.pdf

C’était donc un stage très enrichissant pour moi, autant sur le plan personnel que professionnel. Je me suis rendue compte que la recherche en sciences sociales ne consiste pas seulement en longues lectures et nuits dans les archives, mais aussi en rencontres et discussions sur le terrain. Finalement, il s’agit de chercher des sources les plus variées possibles pour creuser un sujet, c’est un peu comme du journalisme, mais en plus approfondi :)

mercredi 22 juillet 2009

Samarkand...



Après avoir visité les véritables musées à ciel ouvert que sont Khiva et Boukhara (cela dit, ces villes ne manquent pas de charme le soir quand les enfants jouent au foot devant les madrasas…), nous avons pris le train vers la mythique Samarkand, avec le fameux Régistan (une des plus belles places du monde comme on peut le voir sur la photo). Là bas nous avons logé chez des amies archéologues rencontrées à l’IFEAC.
Elles nous ont raconté l’évolution fulgurante de la ville : depuis quelques mois, on y construit un mur, censé embellir la ville, cacher au Président de passage la misère des quartiers, et fermer la vue des touristes.
Le mur s’élève le long des routes, immense, écrasant tout sur son passage…
Un beau matin, on reçoit un courrier informant qu’il faut quitter la maison qui sera rasée le lendemain. Beaucoup de magasins du bord des routes on été fermés. Une femme nous a raconté l’histoire d' un vieil homme auquel on a détruit la « Tchaïhana » (sorte de salon de thé ouzbek), et qui dit « chaque matin quand je vois ça, ma tension monte. Il y a vingt ans, toute la Mahalla (le quartier) avait aidé à construire cette tchaïhana… » mais voilà ; les rues doivent êtres plus larges, elles doivent être fermées par un mur et pas par des salons de thé. Plus personne n’ose construire à Samarkand, et on y voit beaucoup de chantiers arrêtés.

La femme nous a aussi raconté le combat des femmes de son quartier contre la construction du mur encerclant le mausolée de Gur Emir, arguant qu'on ne détruisait pas ainsi seulement la beauté de la mahalla mais aussi une partie du patrimoine de l’humanité…mais on leur a sommé de se taire.
Alors, les femmes ont réclamé de construire au moins des porches dans le mur, ouvrant sur la rue, et les autorités de répondre: "Si vous voulez des porches, alors à quoi ça sert de construire un mur ?" Bonne question,en effet...

La ville de Samarkand a donc beaucoup changé ces derniers mois. Les restaurants, cafés et magasins s’y font rares, l’atmosphère y est plus feutrée, moins joyeuse qu’à Boukhara... la beauté de la ville est comme figée, stérilisée.

C’est dommage, car l’histoire fabuleuse et riche de la capitale de Tamerlan ne mérite pas d'être cachée, même derrière le plus joli des murs de céramiques...

mardi 21 juillet 2009

Au pays des Karakalpaks

Bonjour à tous, me revoilà! Comme vous l’avez peut-être compris, j’ai pris des vacances la semaine dernière pour faire un tour d’Ouzbékistan avec un ami allemand venu en Asie Centrale.
Nous avons commencé le périple en traversant le pays d’Est en Ouest dans un avion qui ressemblait à un bus volant…pour revenir sur nos pas en passant par les villes dont les noms font rêver: Khiva, Boukhara, Samarcande...

Notre première découverte fut la petite République ouzbek du Karakalpakistan (si,si!)

Arrivés à Noukous, nous avons été accueillis par une fille Karakalpak que j’avais rencontrée à Tachkent et qui travaille pour Médecins sans Frontières à Noukous. L’ONG lutte principalement contre la tuberculose, qui est apparemment une maladie très répandue dans le pays...
On a reçu des T-shirts, crayons et cahiers marqués du slogan « La tuberculose est guérissable ! ». Le traitement anti-tuberculose est en effet très lourd et dure plusieurs années, si bien que certains malades se découragent et arrêtent de prendre leurs médicaments…
Noukous est une ville charmante, un peu étrange, et encore très soviétique.
L’air y est salé ; après une journée dans la ville, on a les yeux qui piquent et le goût du sel sur la peau… mais je ne recommande pas trop le thé salé qu'on y bois...

Cette salinité est due à la pollution de la nappe phréatique qui accompagne le reflux de la mer d’Aral, la tragédie du Karakalpakistan...

Pour nous faire une idée du désastre, nous avons fait une excursion à Moynak, à quelques 200km de Noukous.
Il y a quelques dizaines d’années, Moynak était une île dans la mer d’Aral (ironie: « aral » signifie en turc « île » ; la mer d’Aral était comme une île d’eau au beau milieu du désert)
Dans les années 70, la ville est devenue une presqu’île, puis une ville de bord de mer… et un beau jour, la mer est partie. Pourquoi?
Les fleuves Syr Daria et Amou Daria qui avaient été déviés afin d’irriguer les champs de coton et de riz, ne parvenaient plus à alimenter la mer, qui a reculé. Elle se trouve aujourd'hui à plus de 200 km de la ville...

Dans l’ancien port de Moynak, sur le sable brûlant du « désert d’Aral » comme on dit maintenant, quelques carcasses de bateaux échoués regardent tristement au large des étendues asséchées, polluées, toxiques. Les habitants, souvent des anciens pêcheurs, fuient, ou restent et racontent "Avant, Moynak était reliée par avion à toutes les villes d'Union soviétique. Les enfants venaient en classe de mer. Il y avait profusion de poissons, et là bas,vous voyez, il y avait une promenade avec pleins de restaurants, vendeurs de glaces..."

Pour terminer sur une note plus positive, je voudrais vous parler du musée Stavisky de Noukous. Ce musée accueille l’une des plus belles collections de l’avant-garde soviétique des années 20. Stavisky avait rassemblé une collection impressionnante de tableaux et de sculptures « ennemies du peuples », entreposées dans les archives du musée de Noukous.
Comme la ville était isolée et éloignée de Moscou, les œuvres furent préservées, tel un trésor enfoui à jamais dans les sables du désert… et fait aujourd'hui la fierté des Karakalpaks :)

lundi 13 juillet 2009

Lettre de Fabian, mon compagnon de route a travers l Ouzbekistan






Je suis actuellement a Boukhara. c est une oasis tres jolie et on est tres bien ici dans un petit bed&breakfast pas cher (8 dollars la nuit par personne).

Ce matin, Elise et moi nous sommes faits inviter dans la maison d une famille locale, juste en passant devant leur porte. La babouchka trouvait apparemment que nous avions l air interessant, etranger et sympa, et nous a pries de rentrer dans la maison. Sa petite-fille (19 ans), qui y habite egalement avec ses parents, etudie le francais a l universite de Boukhara et toute la famille etait contente que la fille unique pouvait faire un peu de conversation en francais.
Ils ont mis sur la table des fruits divers (melons, prunes, pommes, poires, etc.), du cheesecake fait maison, des bonbons, et bien sur du the.
Ici, on boit du the a toutes les occasions, et pas dans des verres ou des tasses mais dans de petits bols en ceramique. La fille nous a montre l album de photo familial et la vue sur la ville depuis leur terrasse de toit en nous parlant de son reve: aller un jour a Paris.
C est le reve de 3/4 des ouzbeks, on dirait... :)
On a echange les adresses emails, et a la fin, les parents nous ont meme offert un petit minaret en terre cuite comme cadeau, car on etait les premiers invites etrangers dans leur maison. c etait vraiment l hospitalite ouzbek qui fait tant parler, que nous avons vecue ce matin! :)

La ville est vraiment tres tres jolie, avec environ 140 monuments historiques, souvent des medreses (ecoles coraniques).
Ce soir, quand la temperature enfin autorisait de sortir , nous avons fait un tour sur la grande roue du parc de la ville.
En fait, presque toutes les villes en Union sovietique avaient, et l ont souvent garde, un parc avec dedans un petit parc d attractions. Il y a toujours une grande roue et souvent d autres attractions comme du tir, des stands de karaoke ou des caroussels, et bien sur de quoi manger (barbe a papa ;)) et boire.
Les prix sont ridicules (genre 20 centimes le tour de roue ou les 5 tirs ou la barbe a papa etc) et donc on peut s amuser a voir la jeunesse ouzbek s amuser en famille.

Je suis content d avoir regagne une oasis apres une traversee de desert fatigante: 8h en bus non climatise (du coup il faisait environ 40 degres dans le bus, le soleil du desert brulant sur la carosserie) avec peu de place et beaucoup de gens... et ce apres une journee un peu ratee a Ourgentch, ville moche et bizarre pres de la ville tres touristique de Khiva (la plupart des touristes dans Khiva etaient des ouzbeks, venant pour un jour le weekend se balader dans la vieille ville medievale)
Donc Khiva etait tres sympa, mais Ourgentch pas terrible, nous avons du dormir dans un hotel trop cher aux proprietaires trop curieux (nous etions les seuls hotes)... parfois ici les gens comme les chauffeurs de taxi ou des proprietaires d hotels posent un peu trop de questions personnelles et on se demande s ils ne travaillent pas pour les services secrets...

Aujourd hui, je me suis fait couper les cheveux car c etait vraiment devenu grave long :) il y a eu un leger carnage, mais j espere pouvoir le corriger de retour a Tachkent, car elise y a des ciseaux de coiffure.
Le coiffeur parlait bien le francais car il etait diplome de l ecole diplomatique de Tachkent, qui a une excellente reputation. Il a dit qu il etait a la recherche de travail, car il n avait, comme beaucoup d autres, pas envie de travailler pour l Etat ouzbek. La conversation etait interessante, en plus il connait des gens que Elise connait aussi (le monde est petit... surtout en Ouzbekistan!) mais malheureusement il n avait apparemment aucune formation de coiffeur, coupant tout simplement en ligne droite mes cheveux ;)

Demain, derniere journee a Boukhara avant qu on prenne le train pour Samarcande.

samedi 27 juin 2009

Difficile sédentarisation à Tachkent…

En Asie Centrale cohabitent des peuples à tradition nomade, comme les Kirghizes ou les Kazakhs, et d’autres à tradition sédentaire, comme les Ouzbeks… apparemment je fais partie de la première catégorie. Moi qui suis une habituée des déménagements, j’ai eu mon compte à Tachkent ! quatre déménagements en un mois !

En fait, j’étais d’abord dans une Guesthouse très bien, Bed and Breakfast, dans la vieille ville, à côté du bazar Chorsu pour dix dollars la nuit.
Après quelques jours, les propriétaires de la guesthouse m’ont trouvé un appart, celui de leur fille partie en vacances en fait, super bien, grand, à côté du parc Bobur et de l’institut. Le hic, c’était que j’y étais enregistrée comme si j’étais à la guesthouse. Ici en effet, si on n’a pas d’accréditation mais juste un visa par exemple d’étudiant comme moi, il faut s’enregistrer. A l’aéroport, au retour, ils vérifient toutes les nuits passées dans le pays, elles doivent être justifiées. L’enregistrement coûte 20 euros par mois. Les propriétaires rechignent à le faire, car ensuite ils doivent payer des taxes sur le loyer perçu. Surtout, c’est encore plus compliqué d’enregistrer des étrangers, et on demande beaucoup de papiers sur l’appartement, le locataire, le propriétaire…
Mais si on est mal enregistré (par exemple enregistré à l’hôtel alors qu’on habite dans un appart) alors la milice –souvent alertée par des voisins suspicieux- peut venir et exiger une amende… En fait, une Française s’est fait expulser d’Ouzbékistan il y a un mois à cause d’un problème d’enregistrement…

C’est pourquoi je n’ai pas pu rester dans mon appart au parc Bobur plus de 3 semaines: un beau matin l’ambassade m’a appelée pour me sommer de retourner à l’hôtel…
Donc je suis retournée dans mon BB (où j’ai soit dit en passant changé 3 fois de chambre) et j’ai cherché un appart… j’en ai visité plusieurs, mais à chaque fois les propriétaires faisaient des difficultés pour enregistrer… les gens ici veulent avoir le moins possible affaire aux autorités et à l’administration, et on les comprend…

Enfin, j’ai fini par trouver, ce matin je suis allée avec ma nouvelle proprio à l’OVIR (l’office d’enregistrement), je suis enregistrée dans les règles dans mon nouvel appart à "Maksim Gorki", dans le nord-est de la ville.
C’est très chouette là bas, il y a tout ce qu’il faut. Je paye 300 USdollars le mois, ce qui est le prix normal pour les étrangers ici, même si c’est un peu cher.
Ouf ! je pose enfin ma valise :) Finalement en un mois ici, j’aurais vécu déjà dans trois quartiers différents de la ville!
Je vais finir par m’acheter une yourte…

lundi 15 juin 2009

Le festival de bardes (!)



Ce week-end, nous sommes allés avec quelques amis à un festival de bardes.
Je m’attendais à rencontrer des druides, et à écouter Assurancetourix jouer de la harpe perché dans un arbre… C’est donc toute excitée que je monte dans la marshrutka (sorte de grosse voiture qui emmène des groupes où ils veulent pour une somme très modique !!) qui nous emmène dans la montagne des environs de Tachkent.
Au bout de 2h de route, avec avoir traversé des villages comme Tchirtchik, nous arrivons dans les montagnes… aaaaahhhh, ça fait du bien un peu d’air frais après celui de Tachkent, étouffant de chaleur et de pollution !
Après avoir planté la tente (de l’autre côté d’une rivière qu’il faut traverser tant bien que mal pour arriver au festival…), nous nous installons à côté de quelques autres spectateurs, en mangeant des chachliks de sanglier.
Il y a une seule scène, le public est peu nombreux et très familial, c’est sympathique quoi !
Après avoir dansé et écouté quelques groupes (qu’on avait pour la plupart déjà entendus à Tachkent dans le mythique « VM bar »), on est allés sous une grande tente jouer un peu de guitare et de flûte, avec d’autres bardes, pour la plupart russes.
Très plébiscités en tant que français, on a fini par chanter Joe Dassin (!)

Morale de l’histoire : un barde est un musicien plus ou moins professionnel, qui chante des chansons populaires russes dans la montagne autour du feu et qui aime bien les Français :)